Rencontre avec  Zen Road Voyages, Agence d’écotourisme en Provence

Quand j’ai découvert Zen Road, j’ai tout de suite été touchée par leur approche. Ici, on ne parle pas simplement de tourisme, mais de voyages en immersion, de moments vécus pleinement, au plus près de la nature et de l’humain. Une autre façon de découvrir un territoire, plus douce, plus consciente, presque intuitive. Alors si j’espère courant de l’été pouvoir faire une immersion avec l’équipe Zen Road Voyages je vous invite à les suivre sur Instagram et découvrir leur agenda du moment.

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Comment est née l’idée de créer Zen Road Voyages en immersion ?

Elodie et Clivia avaient un rêve : permettre aux voyageurs de s’imprégner d’un territoire, de vivre chaque expérience pleinement et de créer des souvenirs impérissables à travers des excursions responsables et immersives, dans le respect du rythme de la nature.

Le but : proposer une alternative au tourisme « de masse » dont l’impact humain et environnemental est désastreux, en offrant des sorties adaptées et inclusives axées sur le bien-être des participants ET des intervenants. C’est ainsi qu’est née la structure Zen Road Voyages en Immersion en mars 2024. Aujourd’hui nous proposons des aventures humaines à des petits groupes pour expérimenter des savoir-faire, découvrir des paysages en prenant son temps et en renouant avec ses sens. Vivre la slow aventure, c’est notre leitmotiv. 

Vous étiez toutes les deux guides conférencières avant de lancer ce projet : qu’est-ce qui vous a donné envie de proposer une autre façon de voyager ?

D’une part parce que notre métier de guide conférencier est solitaire et chronophage : entre préparations de circuits, repérages de lieux dans tout le département, apprentissage de nouvelles sorties qui fait de nous des rats de bibliothèque en plus d’être des crieuses de rue. On est aussi beaucoup au bureau pour établir devis et factures, mais aussi les plannings que l’on doit donner généralement plus d’un an à l’avance ! Et tout le long de l’année on jongle entre visites guidées confirmées ou annulées avec la nécessité de combler les trous, c’est un rythme plutôt soutenu, multitâche et on se croise à peine dans la vraie vie. 

D’autre part, on a fais les frais des déviances et abus du secteur du tourisme traditionnel. Le modèle classique mené par les tours opérateurs ou agences de voyage et qui rapporte le plus est celui du tourisme de masse qui impose des forfaits ou paquets « all inclusive », recrute des guides même non diplomé.e.s pour mener des visites guidées à la chaîne. Ces opérateurs imposent souvent une grille tarifaire aux guides auto-entrepreneur.e.s ce qui est illégale et les guides se doivent d’être flexibles et à la merci des agents qui peuvent annuler les prestations touristiques jusqu’à la veille au soir. Les horaires de travail sont ultra extensibles et dans les programme, on propose beaucoup trop d’activités pour faire de la marge. On nous impose des groupes de touristes toujours plus nombreux : parfois 50 personnes en une seule fois, les habitants des hypercentres se sentent envahis et les centre-villes saturés de touristes en haute saison, et tout ce monde se côtoient non sans heurt.

Un autre danger : celui de l’impact sur les écosystèmes et la pollution engendrée par les grands hôtels à des périodes de grande affluence. 

Et enfin, il y a une véritable ubérisation de notre métier avec le développement des « free tours » et les habitants qui font visiter leurs villes sur des plateformes en ligne. 

Notre projet Zen Road nous paraissait une évidence face à toute cette problématique. Ca peut sembler utopique pour certains, mais on y croit et on fera tout ce qui est en notre pouvoir pour réaliser notre rêve éthique et faire adopter une prise de conscience chez les gens.

Elodie a toujours eu la vocation de proposer une alternative plus humaine et plus lente une « slow aventure », où chacun vit une aventure unique, se sent vraiment considéré et perd son statut de touriste lambda, on veut créer du lien et offrir de la joie. On cherche à donner à voir en harmonie avec les territoires et les personnes.

Vous parlez beaucoup de « slow aventure » : qu’est-ce que cela signifie concrètement pour vous et pour les voyageurs qui participent à vos expériences ?

La « slow aventure » c’est l’aventure lente, qui consiste à ralentir, à observer, à ressentir l’excursion et à la vivre avec les autres personnes présentes : accompagnateur.e, artisan.e et voyageurs/voyageuses.

C’est un moyen de se reconnecter à soi, aux autres et à la planète.

Tout a commencé en 2020, lorsqu’ Elodie a lancé les sorties yoga-rando : marcher dans les Calanques et s’asseoir en petit groupe pour méditer au son des vagues, être connectés et nourrir son yin, la force lente. Ce « slow » c’est savourer l’instant en pleine conscience à seulement quelques kilomètres du centre-ville aliénant et oppressant.

Puis on a décliné cette méthode dans nos autres visites et ateliers : les randos-aquarelle, menés par une artiste peintre, les ateliers de taille pierre dans la forêt. On part à la rencontre d’un acteur/une actrice du tourisme local pour vivre l’expérience à plusieurs dans un partage mutuel.

Pour nos voyageurs/voyageuses, c’est une expérience sensorielle complète, qui les invite au dépaysement sans besoin de partir loin. Par exemple on peut partir en groupe de 10 personnes à vélo dans des villages de Provence moins fréquentés comme Cucuron, Ansouis, plutôt qu’en mini-van au pas de course avec des simples arrêts photos (du vécu !). Marcher dans la nature plutôt qu’en ville dans les quartiers battus, faire son propre pastis à la campagne plutôt que le boire rapidement en ville, cuisiner avec une pro dans sa cuisine ect.

En quoi votre approche du tourisme se différencie-t-elle du tourisme plus traditionnel ?

Nous essayons de proposer des expériences en marge des circuits classiques. Nos excursions allient lecture de paysages avec un guide nature, rencontres et apprentissage avec des artisans et producteurs : agriculteurs, artisans, artistes, liquoristes, professeurs de discipline bien-être.

Chaque sortie est pensée pour sortir de son quotidien, s’extraire de son bureau, détacher les yeux de nos écrans téléphone pour renouer avec ses sens et se faire du bien à côté de chez soi, en pleine conscience. Nos visites apprenantes sont toujours thématiques et hors des chemins courus et s’éloignent de l’approche standardisée.

Nous essayons également de proposer des sorties différenciées hors saison entre février et juin puis septembre et novembre. Nous avons par exemple la visite guidée d’un quartier populaire de Marseille comme Noailles, afin de s’imprégner du lieu et réapprendre son histoire passée et présente, partir randonner sur le thème de Cezanne pour fréquenter les lieux qu’il a peint et étudier son œuvre sur le motif. On peut aussi parcourir des sentiers intimistes à la Sainte-Victoire.  

Vos expériences mettent en avant la pleine conscience, la nature et les rencontres humaines : pourquoi ces valeurs sont-elles essentielles dans votre projet ?

Ces valeurs sont au cœur de notre démarche parce que la pleine conscience permet de savourer chaque instant et de ressentir pleinement son corps et la nature est l’écrin parfait pour lâcher prise. On se reconnecte à l’essentiel et on s’ouvre à l’autre et aux rencontres humaines sans à priori ou jugement. Cela donne un sens profond à la sortie entre moments de cohésion, partage et histoire. Ces notions transforment chaque sortie en une véritable expérience émotionnelle et sensorielle.

Vous proposez des activités très variées : randonnées, yoga en pleine nature, ateliers artistiques, rencontres avec des artisans… Comment imaginez-vous ces expériences ?

Chaque activité est pensée comme un relai entre le lieu, la culture locale et le participant. Que ce soit un atelier de peinture après une randonnée, une dégustation de tapenades et d’huiles d’olive dans les champs de Valensole ou l’analyse d’une oeuvre de Cezanne dans le parc de Roques-Hautes, chaque moment est conçu pour éveiller les sens et créer un souvenir durable. La nature et/ou le patrimoine sont toujours placés au coeur de nos activités. 

Y a-t-il une activité ou une immersion qui représente particulièrement l’esprit Zen Road ?

Nos randonnées guidées avec cours de dessin et peinture par une professeure d’art incarnent pleinement l’esprit de Zen Road : marcher lentement en petit comité (8 personnes en moyenne), observer son environnement, écouter la guide parle des paysages, des méthodes de peinture et de la biographie du peintre pour entrer en immersion. On en ressort transformé, apaisé et avec des connaissances plus approfondies dans certains domaines, et la fierté d’avoir produit une oeuvre sans appréhension ni idée reçue.

C’est un concentré de notre philosophie : lenteur, contemplation, créativité et partage.

Vos excursions se font en petits groupes : quel impact cela a-t-il sur l’expérience des participants ?

Les petits groupes favorisent l’échange, l’écoute et l’envie de participer et oser faire sans gêne et sans avoir l’impression de s’exposer. Chaque voyageur peut poser des questions, se laisser surprendre par les rencontres et profiter d’un cadre intimiste qui rend l’expérience plus authentique et personnelle. Voir les autres se lancer permet de baisser la garde.

Lors de nos séjours yoga-rando dans le désert par exemple, les gens inscrits ne se connaissent pas : certains s’inscrivent seuls, d’autres en couple, d’autres entre amis, et au bout de quelques jours de promiscuité, de réunions autour du feu et partages dans les 4×4, ils nouent des liens qui fraternisent les rencontres. Et à la fin du séjour ils ont beaucoup de mal à se quitter car ils se sont fait de nouveaux amis. 

Vous travaillez avec de nombreux acteurs locaux : artisans, agriculteurs, artistes… Pourquoi ces collaborations sont-elles importantes dans votre démarche ?

Les collaborations avec des acteurs locaux aixois ou marseillais permettent de mettre en valeur les produits et le folklore provençal afin de soutenir l’économie locale. Les partenariats avec des enseignants du bien-être permet d’offrir des expériences authentiques dans un lieu dépaysant comme les Calanques. Elles donnent aux participants la possibilité de rencontrer des personnes passionnées et de découvrir des savoir-faire rares et précieux de notre belle région. 

Quels retours recevez-vous le plus souvent des personnes qui participent à vos immersions ?

Nos aventuriers nous confient souvent avoir découvert la région sous un nouveau jour, y compris ceux qui en sont originaires. Ils ont appris à observer, à ralentir et à se reconnecter à leurs sens. Ils repartent avec des souvenirs durables, sont sortis de leur zone de confort, dépaysés dans leur propre pays ! Ils ont fait de nouvelles rencontres et ont appris à voyager autrement. Ils ont l’air heureux et très souvent ils remercient avec beaucoup d’émotions notre guide, ils se confondent en compliments. Nous on aime les voir heureux et enrichis par la joie d’avoir participé à l’activité et d’avoir été considérés et entourés. Alors même s’ils oublient ce qu’ils ont appris, s’ils ont passé un bon moment on est comblés.

Ressentir un bonheur simple, immatériel, éphémère, c’est si rare de nos jours. 

Si quelqu’un découvre Zen Road pour la première fois, quelle expérience lui conseilleriez-vous de vivre absolument ?

Toutes nos sorties sont immersives et conçues pour permettre de se reconnecter à soi. Le choix dépend surtout des centres d’intérêt de chacun : certains préféreront une randonnée créative, d’autres un atelier avec un artisan ou une escapade en pleine nature. Quelle que soit l’expérience, le fil conducteur reste le même : prendre du temps pour soi, se déconnecter du quotidien, se reconnecter à la nature et à ses sens et vivre pleinement l’instant présent.

Pensez-vous que les voyageurs recherchent aujourd’hui une manière plus consciente et plus lente de voyager ?

Oui, nous constatons un réel intérêt pour des voyages plus responsables. Les voyageurs sont de plus en plus intéressés par le milieu du bien-être. Le développement des réseaux sociaux y est pour quelque chose: les coachs de vie, influenceurs écologistes, l’accessibilité de l’information et la rapidité de certains posts touchent un plus grand public. Notre public a une réelle prise de conscience de l’impact des activités sur la nature mais aussi leur corps. 

A l’heure actuelle, au sein même des entreprises il y a des ateliers yoga ou méditation pour palier les burns-out. Même la médecine traditionnelle reconnaît les bienfaits de la pleine conscience et de la méditation pour la santé. On prend son temps et on l’enseigne.

On cherche à vivre des expériences qui ont du sens plutôt que de cocher des cases des guides de voyages. Les comportements sont plutôt en train d’évoluer positivement, ce qui est prometteur. 

Comment imaginez-vous l’évolution du tourisme durable dans les années à venir ?


Nous espérons que le tourisme durable aura sa place: le comité régional du tourisme et les mairies favorisent le développement de structures de tourisme locales, la démarche du ministère pour la transition écologique tend à protéger les patrimoines naturels et cultures. Ils décernent des labels « grand site » à des paysages d’exception comme la Sainte-Victoire et les parcs qui l’entourent. Tout le monde réalise aujourd’hui combien il est primordial d’oeuvrer pour la protection de l’environnement. Ce n’est pas qu’un enjeu politique, et le green-washing n’a plus sa place. La marque « esprit parc national » qu’on nous accordé après un audit sérieux, valorise le développement d’expériences personnalisées dans les Calanques. Le CRT et la ville de Marseille nous convient souvent à des réunions pour comprendre les enjeux du tourisme durable et nous soumettre un cahier des charges précis. On est plusieurs entités à travailler ensemble à Marseille et à collaborer: écocalanques, Icart maritime, la Goélette Alliance, weocean, planetemer pour proposer les visites de demain authentiques et durables, avec un bilan carbone plus bas. L’objectif est que le voyage soit enrichissant pour le visiteur dans le respect des territoires.

Et pour terminer : quel moment vécu lors d’une immersion Zen Road vous a particulièrement marqué ?


Pensant la visite guidée des carrières de Bibemus sur les pas de Paul Cézanne et l’histoire de la fondation d’Aix-en-Provence, il y a eu un point fort de la visite qui émeut toujours les visiteurs. Devant le cabanon de Cezanne qui est très pittoresque et fascine comme une carte postale, on crée un effet de surprise en leur demandant de se retourner, dos au cabanon: en faisant volte-face, tous leur visages s’illuminent: devant eux se dévoile la muse du peintre, la Sainte-Victoire que notre père de l’art morderne a immortalisé 87 fois. Les visiteurs arrivent de tous pays pour découvrir les sites cézanniens à Aix-en-Provence: de la Thaïlande à l’Alaska en passant par la Roumanie, la Corée et la Moldavie. Cézanne est mondialement connu ! Je suis tellement heureuse de pouvoir être une passeuse d’histoire, et témoigner de son oeuvre et de sa vie. D’une manière générale, rendre heureux nos clients et ce qui nous réjouit le plus.

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